A taaaable!!!

Un art de vivre !

Je suis française et la gastronomie fait partie de notre culture, je dirais même plus de notre art de vivre ! Et je suis sûre que, qui que vous soyez, vous avez aussi reçu en héritage un patrimoine culinaire auquel vous tenez, et que vous souhaitez léguer à vos enfants !

Comme tous les sens, le goût, « ça se cultive » !

Quand on est enfant, il y a des saveurs, des odeurs, des consistances, que l’on n’apprécie pas, et puis un jour, on goûte de nouveau un plat, un fruit, une boisson, pour tenter encore une fois sa chance, sans y croire vraiment… et là… c’est le bon moment, et on adoooooore! C’est une expérience personnelle que j’ai vécue avec les huîtres vers 18 ans! LA révélation gastronomique de ma jeune vie après de nombreuses tentatives infructueuses pendant des années ! Et à 20 ans, alors que je n’aimais pas le vin, ce fut LA découverte d’un Saint Emilion Grand Cru 1976 ! Une véritable explosion d’arômes en bouche !… Depuis, je n’aime que les grands crus, évidemment !

Ceci dit, j’ai été éduquée « à la française » (je vous recommande de visionner cette conférence TED-X : le point de vue d’une américaine sur l’éducation française ! C’est très drôle et instructif !). Mes parents m’ont forcée à finir mon assiette (eh oui, c’était une autre époque !), mais surtout à goûter à tout ce qu’on me présentait ! Principalement pour éduquer mon palais, pour encourager ma curiosité aussi et surtout par respect pour la cuisinière (ma mère) ! Par ailleurs, nous n’allions pas souvent au restaurant, et en ces très rares occasions, nous savourions (mes frères et moi) notre chance et nous ne faisions pas la fine bouche !

La gastronomie, un terrain d’aventures !

Les repas de mariage étaient une autre occasion de découvrir des goûts différents, voire interdits en temps normal ! Je me souviens en particulier de la découverte du « trou normand » en milieu de repas, présenté sous forme d’un mini sorbet fortement alcoolisé pour les adultes, et évidemment, sans alcool, pour les enfants ! Petite, je m’étais fait expliquer pourquoi on passait au dessert si vite, et une fois compris le principe de cette gorgée de Calvados (censée interrompre la sensation de satiété et hâter la digestion, pour redonner de l’appétit aux convives), j’avais trouvé l’idée très intrigante et j’avais goûté le sorbet de ma mère ! Bon, je ne dirais pas que j’ai aimé l’expérience sur le moment, mais je me souviens de la curiosité que cela avait éveillé en moi et du plaisir que j’avais eu à « tenter l’aventure » !

Je dis « aventure », car quand j’étais jeune fille au-pair en Angleterre, la mère de famille m’avait expliqué (un peu tard) que son fils n’était pas un « aventurier » en matière gastronomique, le jour où je lui avais cuisiné la recette traditionnelle familiale (celle de ma grand-mère) des carottes sautées à la poêle, alors qu’il voulait juste des carottes bouillies au micro-onde !

Arthur à table
https://www.arthuratable.fr : un service de livraison de repas spécialement conçus pour enfants ! J’adoooore ! (Mais c’est juste pour les parisiens!… Désolée!)

Et pourtant, il y a de quoi faire en matière de cuisine pour enfants, et on peut les éduquer à être des « Aventuriers du goût » ! En voici un exemple ! Allez visiter leur site : www.arthuratable.fr ! Je n’ai pas d’actions chez eux, mais je trouve l’idée géniale !

Alors, je suis toujours frappée en lisant les cartes de certains restaurants de constater qu’il y a un « menu enfant »… Tiens ! Pourquoi ? Les enfants ne mangent-ils pas la même chose que les adultes chez vous ?

Deuxième constatation, ce menu propose presque systématiquement des « chicken nuggets – frites – glace – boisson sucrée » ! Re-Tiens ! Re-Pourquoi ? Est-ce le summum de la gastronomie enfantine ? Est-ce qu’on ne peut leur offrir autre chose que du poulet frit et des pommes de terre frites, le tout arrosé d’une boisson sucrée et d’une glace à l’eau pour finir d’anesthésier leurs papilles ?

On me rétorque que « ça leur fait plaisir ! »… Que la récompense suprême, c’est d’aller manger au Mac Do !

Alors, permettez-moi de ne pas être tout à fait d’accord avec ce principe. Pourquoi les enfants n’auraient-ils pas le droit de se régaler, de s’aventurer sur les sentiers infiniment riches du goût, au même titre que les adultes ?

J’ai envie de reprendre mon parallèle récent sur la musique pour enfants et la peinture de Van Gogh en noir et blanc : vous ne trouvez pas qu’il manque quelque chose ? Et si les menus enfant étaient de l’art, à quelle image ressembleraient-ils à votre avis ?

Je suis allée récemment à Berlin, dans un hôtel scandinave, qui proposait pour les enfants, TOUS les plats à la carte, en demie portion (à moitié prix) ! J’ai trouvé que c’était une idée géniale ! Cela mettait un vaste choix de mets très divers, en particulier scandinaves, de très bonne qualité (souvent bio) à la portée des petits estomacs !

Une autre idée m’est venue d’une copine avec qui je suis allée au restaurant cet été, avec son fils de cinq ans. Elle ne voulait pas entendre parler de « menu enfant ».  Ils ont donc choisi ensemble une entrée (je crois que c’était un feuilleté au saumon avec une sauce acidulée) pour lui et un plat pour elle : il a mangé son assiette, puis il a picoré un peu dans celle de sa mère. Et en fin de repas, il a pris un vrai dessert ! Voilà, c’était tout simple !

Aller au restaurant ou se faire livrer des repas, c’est bien, mais ce qui est encore mieux, c’est de cuisiner avec les enfants !

Cuisiner, c’est expérimenter et partager !

C’est l’occasion de choisir les recettes de famille ou d’en tester de nouvelles, de sélectionner les meilleurs produits, les vins les plus plus fins, de soigner la présentation des plats et la décoration de la table, pour enfin, partager un moment de convivialité en famille ou entre amis !

photo-gastronomie-enfants.pngPour les enfants, la cuisine est un royaume enchanté, où les fées transforment, d’un coup de couteau ou de cuillère magique, les éléments les plus simples en plats complexes et savoureux ! Les parents et grands-parents ont aussi un grand rôle à jouer dans la transmisson des recettes familiales, des gestes (éplucher, couper, émincer, raper, tailler en julienne, en brunoise, faire revenir des oignons, suer les poireaux, perler la confiture, etc.) et des savoir-faire (monter une mayonnaise, séparer les blancs des jaunes d’oeufs et les monter en neige, etc). Tout cela demande une longue pratique pour l’enfant, sous la supervision bienveillante et patiente de l’adulte. C’est un moment de complicité et de découverte, d’apprentissage pratique pour la vie entière et d’éducation des sens ! Puis vient le moment de partage et de dégustation des plats : il faut goûter pour savoir si c’est assez salé, chaud, ferme, onctueux, si la sauce nappe la cuillère, …

Le vocabulaire de la cuisine !

Si on dit que les esquimaux ont cinquante mots pour désigner la neige (ce qui n’est pas tout à fait exact, j’ai vérifié !), combien de mots avons-nous en français pour détailler les innombrables aliments, gestes, ustensiles et techniques culinaires ? Des milliers, sans doute ! (Il faudra que je vérifie !) Ne passons pas à côté d’une occasion d’enrichir le vocabulaire de nos petits gastronomes !

(Une touche de Culture Confiture : Savez-vous qu’en anglais, dès qu’on parle d’amour ou de cuisine, on découvre des mots « en français dans le texte », mais à prononcer avec l’accent british, of course ! Sur un menu de restaurant anglais, une casserole désigne un plat mijoté, et les mots sauce, marinade et gourmet sont utilisés dans leur sens courant en français !)

Le rituel du repas en famille.

Une fois que l’on a cuisiné, ce n’est pas fini : il faut mettre la table ! Tout un rituel, là aussi, que l’on peut enseigner à ses enfants et qui les responsabilise, tout en leur apprenant les règles de base du savoir-vivre français ! Plier les serviettes, placer les couverts du bon côté de l’assiette et les verres correctement selon les plats et services à venir, leur permettra plus tard de ne pas se sentir perdus dans un grand restaurant, comme dans cette scène mythique de Pretty Woman !

 

En France, et encore dans de nombreux pays d’Europe, le repas du soir en particulier, ou du dimanche, est un moment fort de la journée/semaine qu’on ne saurait manquer !

Comment en faire, ou en refaire un rituel, si l’habitude s’est perdue chez vous ?

Au début du repas, l’entrée est un bon moyen de faire manger des crudités aux enfants ! Eh oui, s’ils n’ont pas goûté trop tard ou grignoter avant, ils auront faim, voire très faim ! Alors profitez-en pour leur présenter des carottes rapées, une salade verte ou quelque chose de plus élaboré ! Pas le choix, ils doivent manger, ou au moins goûter, pour passer à la suite !

Pour le plat principal, déposez-le au centre de la table, comme une offrande, servez chacun à son tour et exigez que tous soient servis, en particulier celui qui a cuisiné, avant de commencer tous ensemble ! C’est maintenant l’occasion de faire parler vos enfants du goût, des textures, des parfums, de la cuisson des plats ! Faites-leur détailler leurs sensations en cherchant le mot précis ! Apprenez-leur à être exigeants sur la qualité des produits ou la cuisson de la viande ou du poisson ! Et évidemment, vous pouvez parler d’autre chose ! Le repas est l’un des moments prévilégiés pour discuter en famille !

Pas de repas français sans fromage ! Faire fi de cette institution serait un outrage à notre pays, à notre culture, non ? Et par fromage, j’entends du vrai fromage : celui qui coule, qui fouette, qui a une ligne ou des trous bleus, une croûte orange ou une paille au milieu ! Alors, là, nous sommes dans la vraie aventure gastronomique ! Mais j’ai vu des bébés adorer le Roquefort ! Alors, on teste, on goûte, on rigole autour du plateau de fromage, mais on est forts, on ne se démonte pas devant une Pyramide de Valençay qui a pris des « poils » de moississure sur sa magnifique croute bleutée !

Fromage-Chevre-Valencay
La pyramide de Valençay, un fromage de chèvre du Berry à la croute « fleurie ».

Et avec le fromage, il y a le vin ! Alors, évidemment, je ne vous conseillerai pas de faire boire du vin à vos enfants ! (Encore que tremper les lèvres dans une flûte de Champagne reste un petit plaisir innocent pour faire participer les enfants à la fête ! Mais je vais peut-être recevoir des commentaires outragés !). Je suggère simplement que si vos enfants vous voient déguster (avec modération donc) de très bons vins, accordés aux mets, ils apprendront cette sorte de respect que l’on a en France pour les bonnes bouteilles ! Et ça, c’est un plaisir qu’ils cultiveront plus tard, ou pas, mais qui se prépare dès l’enfance !

Après le Roquefort, le réconfort !

Ah, le moment de grâce, la récompense tant attendue de tout enfant en fin de repas… ou la menace qui plane du début à la fin d’être « privé de dessert »… Mmmm, on a tous connu cela, non ?

Éclair-au-chocolat
Mon gâteau préféré !… (Soupir gourmand)

Au moins, une fois par semaine, essayez de surprendre vos enfants avec un gateau, une crème, un flan au caramel ou une compote « maison », une tarte aux fruits (de saison), une mousse au chocolat… et si vous n’avez pas le temps, un petit tour occasionnel chez le pâtissier est aussi très apprécié !

Avant de sortir de table, n’oubliez pas de leur apprendre à remercier le papa-cuisinier ou la maman-cuisinière, et à le féliciter pour le bon repas ! Ca fait toujours plaisir et c’est une simple question de politesse que les enfants peuvent apprendre dès le plus jeune âge !

Et enfin, débarasser la table, ou au moins sa place, est à la portée d’un enfant de 4 ou 5 ans, et ranger la vaisselle dans la machine est possible vers 6 ou 7 ans ! Alors, simplifiez-vous l’existence !

Tous ces petits gestes seront des balises dans leur vie d’enfant, et des souvenirs fondateurs à l’âge adulte, sans compter que vos enfants seront devenus des « aventuriers du goût » ! Vous ne croyez pas ?

Comment se passaient vos repas de famille ? Est-ce que l’on cuisinait chez vous ? Avez-vous une culture culinaire particulière que vous souhaitez transmettre à vos enfants ? Et des conseils pour les faire manger/ goûter de tout ? N’hésitez pas à laisser un commentaire !

A bientôt !

 

5 commentaires

  1. Bravo Géraldine pour ce bel exposé !
    Nous avons l’exemple de nos petits enfants de 13 et 14 ans qui ne prennent jamais le risque de goûter un aliment rien qu’en le regardant. Les parents sont en alerte en permanence ! Aucune curiosité, il suffit de voir et de ne pas connaitre pour refuser de goûter. Cette adorable famille vient de faire un merveilleux voyage en Chine… Les Mac Do de Hong Kong n’ont plus de secret pour eux, enfants et parents !
    De notre temps… etc…
    Tu nous as confortés dans notre façon de voir la vie…et la gastronomie.
    Encore merci !

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  2. Cuisiner est un acte d’amour pour sa famille ou ses convives.
    Un sage me disait que pétrir le pain donnait des forces d’amour à ceux qui le mangeaient. Je le crois, comme je crois qu’un ébéniste « donne » son art aux autres.
    La nourriture que la mère prépare avec des aliments choisis pour leur qualité devient pour ainsi dire un médicament qui donne du bonheur en plus de la santé.
    J’ai vécu cela dans ma famille; la nourriture est un bien héréditaire,et j’aime cuisiner.
    Les parents d’aujourd’hui n’ont plus le temps malheureusement,dommage pour leurs enfants…

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  3. Il me semble que cet article soit l image du VRAI. Je partage à 100% de bien belles idées et invite chaque lecteur /lectrice à les mettre en application et aussi à les partager.

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  4. Encore un bel et « bon » article! Merci Géraldine 🙂 Il me vient à le lire un souvenir: lorsque mes enfants (j’allais écrire mes bébés!) étaient petits, à l’âge de l’introduction des légumes dans l’alimentation, les goûts nouveaux n’étaient pas toujours appréciés. Pour leur apprendre dès ce moment à expérimenter des saveurs différentes j’usais d’un petit stratagème: une cuillerée de yaourt, une cuillerée de purée de légume, une cuillerée de yaourt… Je n’étais pas fière de les « piéger » ainsi mais ils se sont habitués très vite à manger de tout. J’ai aussi vite compris leurs goûts personnels: l’un d’eux ne supportait pas l’artichaut; aujourd’hui encore, à plus de quarante ans, il évite soigneusement les artichauts.

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